vendredi 23 novembre 2007

Fye D.Flowright; l'enfance d'un indésirable (partie2)

Comme le titre l'indique, voici la deuxième partie de l'histoire de Fye. Les deux parties ne se suivent pas vraiment, mais c'est qu'une fois toutes les parties écrites, je vais les assembler, créant ainsi une fiction à chapitres. Tout ça est peut-être des paroles en l'air, mais je suis très motivée pour ce projet et j'ai la ferme intention de le réaliser au complet!
Si un trou de mémoire vous empêche de vous rappeler du passé de notre médecin dans la période de ses six à douze ans, venez jeter un coup d'oeil à la première partie.
Mise en garde: Cette fiction peut contenir des traces de sang.

~*~

Fye prit une grande inspiration, puis frappa à la porte de bois autant dévernie qu'usée de l'appartement de son frère. Il n'avait pas eu le courage de lui parler au téléphone, mais une fois devant lui, il ne pourrait pas de désister. Après quelques secondes d'attente à se tortiller les doigts et où l'idée de rebrousser chemin lui vint en tête plusieurs fois, une jeune femme aux cheveux ambrés lui ouvrit, le dévisageant du même coup.


« C'est quoi ces lunettes? »

Instinctivement, le médecin porta ses mains à ses verres, un peu troublé en pensant qu'il les avait égarées, une fois encore.


« Et tu n'étais pas au salon il y a à peine quelques secondes? Comment as-tu fais pour t'embarrer à l'extérieur? Et te changer aussi vite avec ses vêtements… »Elle sembla chercher ses mots pendant quelques secondes. « ‘’Propres’’? »


À ces mots, les traits du jeune Anglais se détendirent et un doux ricanement s'échappa de ses lèvres fines. La dame le regardait de nouveau de travers, se demandant visiblement ce qu'il avait à rire de la sorte.

« Je dois vous dire que j'ai moi-même été surprit de voir à quel point nous nous ressemblions. » Il tendit la main à la jeune femme qui semblait perplexe, un large sourire sur son visage à nouveau serein. « Je suis Fye, le frère cadet de Frédérick. Heureux de vous rencontrer, mademoiselle... »

Le ton qu'il avait employé pour finir sa phrase laissait clairement à son interlocutrice le loisir de se présenter à son tour, mais la demoiselle ne le prit même pas en compte, ignorant tout autant sa poignée de main. Elle le regardait, son œil vif comme parcourant chaque parcelle de son maigre corps, mastiquant son chewing gum d'une façon peu élégante, un sourcil élevé, les bras croisés sous sa poitrine. Un long moment construit de silence passa avant qu'elle ne se retourne vers l'intérieur de l'appartement et que Fye ne baisse sa main tendue, sachant dorénavant que sa tentative de faire connaissance avec la jeune dame avait grandement échouée.

« Fré! Y’a quelqu'un qui voudrait te voir à la porte. » Lâcha-t-elle sur un ton désinvolte qui était en étroite relation avec la familiarité de ses paroles.


Ceci-dit, la femme semblait bien connaître son frère. Finalement, elle se retourna vers le médecin, le détaillant de la tête au pied une dernière fois, un rictus sur le coin des lèvres dont l'invité ne pu déchiffrer l'émotion qu'il voulait transmettre, puis disparu enfin à l'intérieur alors que Frédérick arrivait d'un pas plutôt pressé sur le porche. Dominant le jeune Anglais d'un ou deux centimètres seulement, lorsqu'il l'aperçut, le sourire de l'aîné s'étira de façon à ce que son frère fut prit d’un frisson qui lui parcouru l'échine. Il n'eut même pas le temps de le saluer que l'autre homme prit tout de suite la parole.

« Tiens tiens. Si ce n'est pas Jésus qui nous revient après vingt et quelques années. »


Cette remarque refroidit instantanément l'humeur dudit Jésus qui s'efforça de garder le sourire, une expression de gêne sur le visage. Il essaya de balbutier quelques excuses, mais sans grand succès.


« Et qu'est-ce que t'es venu faire chez moi? T'en as pas assez de t'avoir vengé et d'avoir enfin prit ma place? Tu veux me voler ma petite amie maintenant? »

De toutes évidences, le cadet ne semblait pas savoir de quoi parlait son frère puisque ses saphirs brillaient dans la plus grande et la plus totale incompréhension.


« De quoi parles-tu? Quelle vengeance?


- Oh! Mais c'est qu'il parle bien le docteur! »


En effet, Fye avait quelques chose de distingué dans sa manière de parler alors que son frère semblait encore communiquer comme un jeune garçon au beau milieu de sa crise d'adolescence, oubliant quelques sonorités et circoncisant ses mots. Soudain, alors qu'il paraissait euphorique, l'aîné attrapa son petit frère par le collet, le plaquant brutalement sur le mur le plus proche d'où ils se tenaient tout deux. Le médecin ferma les yeux sous la rudesse du coup, son dos le lancinant affreusement pendant un moment, puis les ouvrit enfin pour voir que Frédérick se trouvait à seulement quelques centimètres de son visage habité par la douleur, une mimique effrayante abordant ses traits.

« Allons donc! Tu ne te souviens plus mon très cher Fye? » Il avait prononcé son nom en prenant la peine de bien peser sur la seule et unique syllabe qu'il contenait. « Papa et Maman ne t'ont pas rafraîchi la mémoire? C'est dommage: je me vois donc collé à cette tâche plutôt ennuyeuse. Mais bon. » S'il eu l'air véritablement ennuyé l'instant d'avant, il fut aussitôt saisit d'un étrange enthousiasme. « T'es prêt à entendre l'histoire de ta misérable vie? »


À l'entente de cet adjectif, le plus jeune ne fut pas certain de vouloir entendre cette histoire. Pourtant, il hocha la tête doucement, ayant peur d'énerver son frère plus qu'il ne semblait l'être.

« Par contre, je ne veux pas que tu me coupes en plein récit: je déteste ça! C'est compris?! »


Celui-ci sembla un peu pensif pendant un court instant, fixant Fye d’un œil étrange, un sourire que l’on pouvait qualifier de machiavélique dessiné sur ses lèvres. L’homme maintenu adossé au mur malgré lui déglutit avec difficulté.


« Pourtant, je me fais certainement du soucis pour rien. Monsieur le docteur doit être assez civilisé pour ne pas interrompre les gens lorsqu’ils parlent. Et puis, ce que je m’apprête à raconter n’est pas vraiment doux. Tu risques d’en rester sans voix. »


Le cadet avait donc alors eu raison de s’en faire dès la minute où on l’avait projeté sur le mur qui en avait même tremblé quelque peu au moment de l’impact.

« Tout a commencé à notre naissance. Évidemment. Comme on a du te l’avoir déjà dit, tu as été le second à voir la lumière du jour. Ce que l’on t’a sûrement caché, par contre, c’est le fait que tu ne sois pas une personne à part entière. Tu n’es que mon ombre, mon reflet dans la glace, mes traces de pas dans la neige. Tu ne possède même pas une identité propre à ce que t’es. »

Affligé par ces paroles, les yeux ronds et grands ouverts, le médecin écoutait sans toutefois vraiment comprendre. Pourquoi son frère lui disait-il des choses aussi ignobles? Celui-ci se rendit compte du questionnement de son jumeau et commença quelques explications.

« Papa et maman ont bien été les premiers à s’en apercevoir. C’est pourquoi ils ne t’ont pas nommé. Oh, bien sûr, il y a bien un mot qui te désigne pour que l’on puisse t’identifier, mais rien de plus. Tu ne t’es pas encore rendu compte que ton prénom n’est qu’une déviation de mon surnom? Pathétique. Tout de même, Fye, je te croyais plus logique pour un médecin. »

L’expression d’horreur que le cadet abordait sur son visage livide par cette vérité trop crue n’exagérait pas afin d’imager toute la débandade de sentiments qui se pressaient à l’intérieur de lui, lui brisaient le cœur.


« Alors que tu vivais encore à la maison, jamais Papa ou Maman ne t’ont témoigné leur amour. Tu sais, cet amour inconditionnel que les parents ressentent habituellement pour le fruit de leurs entrailles? D’un côté, c’est tout ce qu’il y a de plus normal pour un enfant indésirable. » Il attendit un moment la réaction de son frère, mais celui-ci semblait paralysé par ces paroles immondes. « Chaque jour, c’était la même chose : moi, j’avais droit aux câlins et à toute l’attention des adultes; toi, on l’installait dans un coin de la maison, t’ordonnant de te tenir tranquille, et parfois on te donnait un de mes jouets que je n’aimais pas ou que j’avais brisé entre tes mains. Tu t’amusais – ou tu ne t’amusais pas, je ne l’ai jamais vraiment su et ça m’importe peu maintenant – dans ce coin, ainsi, toute la journée, dos à nous, comme en punition pour toujours. Je ne t’entendais même pas, et c’était bien ainsi. Non pas parce que je ne t’aimais pas, parce que j’ai toujours aimé savoir que j’avais un petit frère au même visage que le mien qui pouvait me comprendre en tant qu’enfant et avec qui je pouvais un peu m’amuser lorsque Papa et Maman avaient le dos tourné. Si je trouvais ton silence comme une bonne chose, c’est bien parce que quand tu faisais ce ne serait-ce qu’un petit peu trop de bruit, quelqu’un allait directement te rejoindre pour te gronder et te frapper sans retenue. Je trouvais cela fort triste; je n’ai jamais souhaité ton malheur. »


Même en ayant entendu cette grande part de son passé et qu’une boule d’émotions lui serrait douloureusement la gorge, Fye réussit à placer quelques mots d’une voix on ne peut plus troublée.


« Mais alors, pourquoi est-ce que… »


Il ne put finir sa phrase : la main de l’aîné fendait déjà l’air pour venir frapper brutalement, dans une sonorité qui ne pouvait que démontrer la violence du coup, la joue du cadet. Celui-ci maintenu sa tête dans la position que la gifle l’avait menée. Les dents serrées, ses cheveux blonds cachaient ses yeux. C’était peut-être mieux ainsi, dorénavant.


« Je te l’ai dit : on ne m’interrompt pas. »

Un rictus amusé sur les lèvres, il observa pendant un moment la joue meurtrie de son frère rougir petit à petit. Il y avait peut-être été un peu trop fort, mais il l’avait tout de même averti au début de son récit. Dans la tête du médecin, un combat de pensée faisait rage. Il n’arrivait pas à saisir pourquoi est-ce que son frère le détestait autant aujourd’hui alors qu’il le prenait en pitié étant enfant. Ou s’il l’aimait toujours, pourquoi être si dur envers lui?

« Comme je le disais avant d’être grossièrement interrompu, je n’ai jamais souhaité ton malheur. J’ai été bien soulagé lorsque Papa t’as finalement chassé de la maison parce que tu avais échappé un verre d’eau sur le plancher qu’il venait de finir de teindre. Tu allais certainement rencontrer quelqu’un de bien qui allait s’occuper bien mieux de toi. Et je crois bien que c’est arrivé. » Il marqua un temps, observant Fye d’un œil presque dégoûté. « Oui, finalement, on dirait bien que cet homme t’as beaucoup mieux élevé que nos parents. T’as reçu une bien belle éducation pour un garçon adopté. Ce n’est pas tous les enfants abandonnés qui réussissent une carrière en médecine. Pour ma part, Papa et Maman m’auraient payé toutes les études que j’aurais voulu entreprendre. Tant que j’aurais fini avocat, homme politique ou bien dentiste, ils auraient été comblés. Pourtant, ce qui me fascinait, moi, c’était l’informatique. Et c’est en quoi j’ai fais carrière. Je suis informaticien. Seulement parce qu’ils ne pensaient pas que ce métier leur rapporte leur part de gloire, nos parents ont alors mené quelques recherches, question de voir ce que t’étais bien devenu. Voir si tu ne valais pas mieux que moi. C’était facile, parce qu’ils avaient toujours gardé ce petit bout de papier qu’ils avaient découpé d’un journal où l’on annonçait qu’un petit garçon répondant au nom de Fye, né un 29 février, avait été trouvé et que l’on cherchait ses parents. Ainsi, enfant indésirable dès le départ, t’es rendu bien plus intéressant maintenant que tu fais fortune à New York en sauvant quelques personnes d’une mort affreuse par le billet de la médecine. Ils se sont donc retournés vers toi, t’ont couvert de louanges, te racontant à quel point tu leurs avais manqués. Mais tout ça n’est que mensonges : ils n’en veulent qu’à ton argent et à ton pouvoir. Et finalement, c’est moi qui suis devenu cet enfant indésirable que l’on chasse de la famille pour aucune bonne raison. C’est pour ça que je te déteste. T’as pris ma place; tu dois être bien heureux d’avoir enfin une victoire sur moi. Mais dis toi que la partie n’est pas terminée et que j'ai encore plusieurs chances de doubler mes points. »

Selon son ton de voix, Frédérick avait l'air profondément énervé par ce que son frère lui avait causé inconstamment. Celui-ci, la tête toujours baissée, attendit plusieurs minutes avant de répliquer aux paroles de l'aîné qui semblait alors avoir fini de parler.


« Je suis désolé pour tout ce qui peut t'arriver en ce moment, mais je n'en ai jamais voulu ainsi. En aillant su tout cela, je n'aurais pas répondu à l'appel de Père et de Mère. Je ne veux pas que tu souffres autant que j'ai pu souffrir dans cette enfance dont je ne me souvenais plus des détails et dont je me serais bien passé de me rappeler si ce n'était pas pour imager ta situation désavantageuse. »


La poigne du plus vieux se crispa sur le col de la chemise du médecin. Sa voix s'éleva dans le couloir de l'immeuble, forte et imposante. Il en criait presque.


« Je me fou bien que tu sois désolé ou non! Ceux que tu nommes si respectueusement m'ont chassé de la famille aussi subitement qu'ils ont pu le faire avec toi dans le passé! Tout ça parce que j'ai choisi le travail que j'aimais au lieu de ce qui les aurait rendus riches! Tout ça parce que tu existes! Traître! Si seulement j'avais été enfant unique, tout ça n'aurait jamais arrivé! T'es qu'un malheur ambulant! Je me demande bien par quelle force tu peux bien être encore en vie! La Terre entière se porterait bien mieux sans ta lamentable existence! » Il leva dans les airs son poing valide, menaçant, les yeux brûlants de colère. « Je te déteste tellement! »


Il lança rapidement son poing dans la figure du jeune Anglais qui ne répliqua pas et qui s'efforça de ne pas broncher. Ce coup lui faisait horriblement mal, mais le méritait-il peut-être finalement. Pourtant, même après ce défoulement, son frère ne semblait pas s'être calmé. Il leva une seconde fois son poing tremblant de rage au dessus de sa tête pour qu'il finisse écrasé dans la figure du cadet. Ce manège dura encore et encore alors que Frédérick, se défoulant enfin, lui criait des mots et des phrases aussi haineux les uns que les autres. Fye, quant à lui, ne réagissait pas et recevait les coups et les insultes avec un calme déconcertant. Ou peut-être étaient-ce les coups de poing qui l'étourdissait, ne pouvant ainsi pas répliquer aux assauts.



« T'es vraiment qu'un grand salopard! Tu devrais mourir! Tu me dégoûte! »


Alertée par le bruit, la jeune femme qui avait ouvert au médecin se précipita à l'extérieur, tentant de retenir son copain qui était plus déchaîné que jamais. Ayant tout le mal du monde à arrêter ses poings, elle argumenta.


« Fré! Tu vas le tuer! T'as déjà assez de problèmes comme ça: lâche le! »


Et comme de raison, l'aîné stoppa ses coups, son poings toujours serré, tâché par le sang de son frère. Sang qui s'échappait du coin de la bouche du cadet jusqu'à aller souiller sa chemise blanche. L'autre poing de l'homme dominant lâcha finalement le vêtement et le médecin glissa le long du mur sur lequel il était appuyé, ses cheveux cachant toujours son expression. Frédérick, comme dernier geste, cracha sur son petit frère qui n'avait toujours pas bougé depuis sa libération.


« Va te pendre, te jeter en bas d'un pont, te couper les veines. Le monde vivrait bien mieux sans ta lamentable existance. Et si jamais tu décides de vivre malgré tout ce que tu as pu faire, ne t'avise plus jamais de croiser ma route. Je ne veux plus te voir. T'entends imbécile?! »


Et sur ces mots, il tourna les talons et prénétra dans son appartement, suivit de près par la femme à la longue chevelure, claquant la porte dans un grand bruit, laissant Fye dans un piteux état. Celui-ci mit du temps avant de se relever et de se diriger, chancelant, vers la sortie de l'immeuble à logements où il se trouvait. Dehors, il ne faisait pas plus beau que dans le couloir du bâtiment: de gros cumulonimbus gris avaient pris le contrôle du ciel, cachant le soleil et ses rayons agréables qui y étaient au début de sa visite. Le jeune Anglais n'eut même pas le temps de faire un pas à l'extérieur que les nuages cédèrent: la pluie ne faisait que commencer qu'elle était importante et forte. Pourtant, le jeune homme continuait sa marche comme si la précipitation n'avait pas lieu alors qu'elle lui martelait la tête déjà assez douloureuse et lavait le liquide de vie de sur son visage livide et sa chemise. Il fut bientôt complètement trempé, gelé jusqu'aux os. Bien que cette sensation de froid calmait sa douleur, elle fut beaucoup moins agréable à long terme. Marchant lentement, il se rendit sans détour dans un petit parc non loin du logement de son frère. S'arrêtant au beau milieu du chemin, les mèches de ses cheveux collant sur la peau de son visage, il leva la tête vers le ciel pluvieux et resta immobile à le contempler pendant plusieurs heures.


S'il pleura à ce moment, personne ne l'eut su.


~Owari

1 commentaire:

Maude Bouchard a dit…

whaaa! kawaiso T.T pauvre Fye javais déja lu cette partit de l'histoire mais la evce les images et tout cétait plus frappant .Super comme d'habitude vite vite post la partie 3 ^^!