
Voici donc la partie trois de ma fiction sur l'enfance de Fye. Je répète que les parties ne se suivent pas réellement. Ici, notre médecin préféré rencontre ses parents pour la première fois depuis qu'il s'est fait recueillir par Monsieur Walter. Version longue pour ceux (ou celle, devrais-je dire, ahah) qui vont le lire sur le forum d'X-men.
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Et le voilà devant une massive porte de bois joliment taillée d’ornements où, en son centre – horizontalement parlant -, était disposé un heurtoir de fer teinté d’une douce couleur or, faisant rehausser la couleur de la porte de chêne. Fye n’était pas un expert, mais il pouvait facilement déclarer que ce travail artisanal avait été achevé par un véritable professionnel. Il eut même quelques difficultés à cogner à la porte avec l’aide de l’accessoire de métal, ayant peur d’abîmer un si beau, et sûrement si long, travail. L’action enfin faite, il recula quelques pas, attendant patiemment une réponse. Puisqu’il était là, debout, immobile, il leva la tête pour observer la maison dans son ensemble : une vraie maison de poupées. Malgré son style ancien, la maison victorienne semblait seulement avoir été bâtie quelques vingtaines d’années auparavant.
Soudainement, la lourde porte s’ouvrit dans un faible grincement, arrachant le jeune médecin de sa contemplation architecturale. Il baissa immédiatement ses doux saphirs afin de les ancrer sur la personne se tenant sur le porche. Celle-ci semblait être sa mère; les traits toujours jeunes malgré l’âge, les cheveux longs, blonds, brillants sous l’astre de midi, les yeux d’un bleu pur, qui, pourtant, fixaient son fils durement, presque méchamment. Cette lueur intimida tout de suite l’Anglais qui s’empressa d’ouvrir la bouche, balbutiant.
« Bonjour Mère. »
Esquissant un sourire peu certain, toujours gêné, il pu voir, malgré la vitesse, la main de sa mère fendre l’air, puis frapper sa joue qui prit immédiatement une couleur écarlate, contraste important avec sa peau pâle. Son petit sourire s’évanoui aussitôt et la surprise s’empara de son regard. Pourquoi?
« Où étais-tu passé? »
Le blondinet ne su quoi répondre. Surtout lorsque l’expression de la femme devant lui changea si subitement. Les larmes venaient faire briller ses yeux alors qu’elle ouvrait les bras, s’approchant de son fils et se collant contre lui, presque désespérément.
« Pendant toutes ces années… Tu nous as tellement manqué… »
Après hésitations, Fye rendit l’étreinte de sa mère, posant une main sur sa tête, la caressant doucement, lui soufflant de lui pardonner. Il ne savait pas exactement ce qu’il avait à s’excuser, mais la femme qui cachait son visage sur sa poitrine semblait bien le savoir, elle, puisqu’elle leva la tête pour fixer son enfant d’un œil beaucoup moins réprobateur, maintenant. Puis, elle sembla confuse par son comportement, se recula et afficha un petit sourire.
« Je… Je suis contente que tu ais retenu notre invitation, Fye. Ton voyage n’a pas été trop étreignant?
- Non. Malgré le décalage horaire, je suis en pleine forme. »
Un silence pesant s’imposa entre les deux personnes avant que la dame ne le brise, dans un murmure, un peu malgré elle, le regard que l’on peut qualifier de rêveur.
« Je n’aurais jamais cru que tu lui ressembles à ce point, une fois adulte. »
Encore une fois, le médecin ne su quoi répondre, ne sachant pas de qui elle parlait, de toute façon. C’est en voyant son air un peu perdu que la mère s’aperçu qu’elle avait parlé tout haut. Le jeune homme n’eut même pas l’occasion de poser une question qu’elle lui répondait déjà.
« À ton père. Tu ressembles à ton père. » Lâcha-t-elle comme si la chose avait été une évidence même. « Allez, viens. Entre. »
Aussitôt demandé, aussitôt exécuté : le médecin pénétrait à la suite de sa mère dans la grande maison. Maintenant dans le hall, posant sa valise sur le parquet, il put constater que la maison était aussi belle à l’intérieur qu’à l’extérieur. Un vieux – du moins, il semblait plus vieux que sa mère – bonhomme vint à leur rencontre. Il n’avait presque plus de ses cheveux châtains sur la tête et sa voix puissante exagérait l’émotion qui s’était emparée de lui.
« Fye, mon fils! Bienvenue chez les Flowright! »
S’étant fié à l’accueil que lui avait fait sa mère, il s’attendait à beaucoup plus pire venant de son père. Par contre, il ne trouvait pas qu’il ressemblait tant à son père…
« Daniels-Flowright. » rectifia sur le champ sa femme sur un ton certainement plus sec qu’elle ne l’aurait voulu.
« Oui, chez les Daniels-Flowright. Excusez-moi. »
Il jeta un œil à sa femme qui afficha un sourire satisfait. Fye, quant à lui, essaya de mettre frein à cette petite dispute conjugale en bafouillant quelques remerciements. Et aussitôt, son père prit en main le bagage aux pieds de son fils et commença à grimper les escaliers menant à l’étage.
« Viens, je vais te montrer ta chambre : je viens tout juste de finir de l’emménager pour ton arrivée. »
Le blondinet suivit son père alors que sa mère prenait un autre chemin que les deux hommes, déclarant qu’elle allait faire du thé. Le jeune Anglais termina son escalade et arriva bien vite à sa chambre. La bouche légèrement entrouverte, signe d’admiration, il entra dans la pièce qui était magnifiquement décorée et meublée. S’approchant doucement du lit, il effleura de ses doigts fins le meuble, retraçant les dessins qui y étaient sculptés. Tout comme la porte de l’entrée et la plupart de l’ameublement de la maison, il semblait taillé avec minutie et attention. C’est seulement lorsque la voix grave de son père s’éleva dans la pièce que le médecin détacha son regard de l’œuvre d’art.
« J’ai laissé la pièce intacte, mais j’ai changé le lit. Tu n’aurais jamais pu y dormir! » L’homme rigola quelques instants avant de reprendre la parole, ayant dans aucun doute vu l’attention que portait son fils sur les meubles, plus principalement sur le lit. « Je ne croyais pas pouvoir le finir avant aujourd’hui; je viens tout juste de le terminer. »
Fye leva ses saphirs jusqu’à pouvoir fixer son père, les yeux brillants d’admiration.
« C’est vrai? C’est vous qui avez sculpté ce bois? » Il marqua une pause, observant de nouveau la précision du travail. « C’est vous qui avez travaillé la porte de devant aussi?
- Comme tous les meubles de cette maison. Je suis ébéniste.
- Hallucinant… » Commenta le jeune homme, reprenant son observation, alors que l’aîné se dirigeait vers les escaliers.
« Je vais rejoindre ta mère. Tu descendras lorsque tu auras fini de t’installer. »
Le médecin hocha distraitement la tête, toujours à observer avec curiosité et admiration tous les objets placés dans la chambre. Il s’arrêta finalement près d’un bureau. Caressant le bois vernis, ce ne fut pas long avant que sa main ne s’arrête sur la surface lisse : une photographie placée dans un joli cadre y était posée. Doucement, délicatement, le jeune homme la souleva afin de mieux la consulter. La photo représentait sa mère aux côtés de son père où sa propre personne y était centrée. Tous souriaient grandement, leurs visages illuminés par la joie de vivre. Touché par l’image, Fye se mit à sourire tranquillement.
« Il est dommage que je ne me souviennes pas. »

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